Publié par J2-Reliance

La Renaissance, mieux que la Silicon Valley ?

Mieux vaudrait s’inspirer des leçons de la Renaissance que du fonctionnement de la Silicon Valley ? Provocateur et impertinent, un article paru dans la Harvard Business Revue en janvier 2016 attire ainsi notre attention sur quelques leçons importantes de l’histoire que nous aurions tort de négliger. Si malgré le demi-millénaire qui s’est écoulé depuis, tout le monde a entendu parlé de la Renaissance, c’est bien parce qu’elle a été une période étourdissante de créations, d’innovations, de réussites exceptionnelles notamment en matière d’art et d’architecture, mais plus globalement en inventions de toutes sortes.

Cela vaut peut-être la peine de se pencher sur cette réussite pour en identifier les clés. Nous en avions déjà évoqué dans un précédent article de ce blog. L’article de la HBR en met plusieurs en évidence. J’insisterai sur quelques-unes d’entre elles, en soulignant leur apparent paradoxe :

Miser sur le potentiel plus que sur l’expérience ET apprendre de ses maîtres :

La Renaissance a offert l’opportunité à de jeunes inconnus inexpérimentés de mettre leur talent à l’épreuve : c’est ainsi que le pape Jules II a confié le plafond de la chapelle Sixtine à Michelangelo, pour le sublime résultat que l’on sait... Dans le même temps, les jeunes artistes passaient des années à apprendre auprès de maîtres que certains d’entre eux ont par la suite brillamment dépassés.

Et si, pour innover avec talent, il fallait savoir tout à la fois parier sur des esprits neufs et les encourager à apprendre des plus anciens ?

S’appuyer sur la richesse des savoirs et expériences accumulés ET mettre à profit l’opportunité des désastres :

La Renaissance a entretenu le foisonnement des idées, en s’appuyant à la fois sur les réalisations antérieures, les savoirs venus d’ailleurs, et l’émulation entre hommes de l’art qu’elle a encouragée. Dans le même temps, et paradoxalement, elle s’est épanouie après la Peste noire qui avait vu mourir plus du tiers de la population européenne : c’est dire si l’environnement économique, politique et social avait été bouleversé.

Et si, pour innover avec talent, nous avions besoin tout à la fois d’un environnement appauvri, bouleversé, pratiquement remis à zéro… et dans le même temps, de tout le savoir disponible : un terrain vierge pour retravailler avec un nouveau regard le savoir accumulé depuis des millénaires ?

Deux questions à approfondir pour mieux innover dans l’entreprise…

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