Publié par Jacques Arnol-Stephan

« Attitude is a little thing that makes a big difference.  » (Winston Churchill)
 

Le brouillard, c'est la hantise du marin comme celle du pilote d'avion. Aujourd'hui, c'est aussi la hantise du manager !

Il semble en effet que plus rien ne soit certain, que plus rien ne soit prévisible. Rappellons-nous simplement les affirmations de nombreux analystes en janvier 2008 : la crise était derrière nous ! Quel toupet a-t-elle eu de revenir ainsi de plus belle, quelques mois plus tard !!

William H. Swanson, Président de Raytheon, écrivait dans ses "Swanson's Unwritten Rules of Management1" :

Règle n°1 :

"Apprenez à dire "Je ne sais pas". Si vous l'utilisez à bon escient, ce sera souvent".

Mais chacun sait combien il est difficile à un manager, en particulier en France, de respecter cette règle !

Et si, pour piloter dans le brouillard, on s'inspirait de ce que les nouvelles approches scientifiques de la complexité nous apprennent ? Tout système complexe comporte par essence une forte part d'imprédictibilité. Tout système complexe connaît ce que les scientifiques appellent des "transitions de phases", ces moments où tout semble s'accélérer — ou se ralentir — à l'extrême. Et surtout, un système complexe n'est pas réductible à la somme de ses parties. On ne peut vraiment le comprendre qu'à travers sa finalité et non en ajoutant les propriétés de ses "morceaux".

Pour piloter une entreprise dans un contexte de crise comme celui d'aujourd'hui, trois grandes leçons à en retenir :
 
→ L'attitude du manager, sa capacité à écouter, à observer, à saisir les inflexions et les transitions de phases, est bien plus importante que sa capacité à donner des réponses ou à prédire le futur ;

→ La finalité de l'entreprise, sa raison d'être et ses valeurs fondamentales, constituent le point de ralliement auquel "accrocher" le besoin naturel de sécurité de ses équipes : la stratégie peut — et doit — s'adapter, la finalité profonde demeure et doit être partagée ;

→ Dans le brouillard, on ouvre les yeux très grand, et on n'hésite pas à faire des détours : c'est par sa capacité à se remettre en cause, à sortir du chemin initialement prévu, que le skipper conduira son équipage en (relative) sécurité.
 
 
1 Le fait que Swanson ait reconnu que son livre était un plagiat de plusieurs ouvrages précédents n'enlève rien à la pertinence de ces règles, bien au contraire ! Cela prouve simplement qu'elles sont partagées par d'autres personnalités …

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