Publié par Jacques Arnol-Stephan

Le 4 février, les acteurs de l'économie bretonne se sont mobilisés contre la "taxe Borloo" sur les transports routiers. Ou du moins contre son application "telle quelle" en Bretagne. Parce que, compte tenu de sa position géographique, de son modèle de développement spécifique — avec de nombreuses petites villes reliées forcément par la route — , de son économie fortement tournée vers l'agroalimentaire, la Bretagne est bien plus fortement pénalisée par cette taxe que d'autres régions de l'hexagone.

Mais au-delà de cette mobilisation ponctuelle, une autre question se profile : les entreprises peuvent-elles se permettre de laisser le thème du Développement Durable aux mains de groupes de pression qui sacrifient trop souvent l'économie à l'idéologie ? C'est en effet ce qui transparaît dans cette mal-nommée "éco-taxe". Depuis quand, par exemple, les autoroutes constituent-elles un grand progrès pour l'environnement par rapport aux voies rapides bretonnes ?

Dans "Développement Durable", il y a développement. C'est ce que tout entrepreneur recherche … Mais alors, n'est-il pas urgent que les entreprises bretonnes se tournent résolument vers ce que les idées et principes du Développement Durable ont de novateur, de potentiellement créateur de valeur ? Par exemple en prenant davantage en compte l'ensemble des parties prenantes à l'entreprise, en premier lieu la société civile …

Tout patron se bat pour l'emploi, même si ce n'est pas sa seule raison d'être. Tout patron implanté en Bretagne se bat  aussi, très souvent, pour le développement d'un territoire qu'il aime. Mais ils sont trop nombreux à juger qu'ils n'ont pas à le faire savoir, que ce n'est pas leur travail de communiquer sur ces thèmes, que les "gens intelligents" s'en rendent bien compte tout seuls.

Lors des actions que j'ai conduites dans le cadre de l'opération P2D Bretagne, comme au cours d'autres accompagnements de dirigeants, j'ai souvent travaillé, avec les dirigeants concernés, sur des pistes très concrètes pour mieux intégrer leur entreprise dans leur environnement local, dans leur "écosystème" au sens large. Avec des réussites parfois très significatives. L'entreprise, encore plus dans le contexte économique actuel, ne peut se permettre de négliger le moindre allié. Etre intégrée dans son écosystème local et régional, c'est pour une entreprise développer une alliance avec toute une population. C'est se renforcer. C'est contribuer à la "durabilité" de son développement.

Si ce challenge est relevé par les entrepreneurs bretons, alors ce ne sera pas seulement "les acteurs de l'économie bretonne" qui se mobiliseront pour lever les entraves à la pérénisation de nos entreprises, mais tous les acteurs de la société bretonne. La Bretagne ne pourrait-elle pas être terre d'expérimentation d'une autre relation entre l'entreprise et la société ?

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

alain glon 08/02/2009 19:41

C'est toujours la même chose, la France se veut "lumière du monde", Borloo est à la logistique ce que M Aubry fut au travail, il est persuadé que le reste du monde va appliquer à ses entreprises mêm punition que ce qu'il leur asseigne.On a vu pour les 35 heures ce que cela a donné.Punition parce que nous n'avons aucune solution alternative pour livrer les fermes ou leur prendre leur production.Punition mortelle parce que avant que d'envoyer la viande, le lait, les oeufs sur Paris, les camions ont circulé 5 fois dans les campagnes... pour liver engrais et semences, pour récolter le grain, livrer les aliments aux animaux, amener les animaux à l'abattoir... avec 5 fois la taxe, il n'y aura pas que le cochon qui sera mort.C'est un impôt imbécile qui va couter au moins 35% de son montant rien que pour le collecter (GPS et +).Les entreprises Agro de Bretagne totalisent 180 millions d'€ de profit... la taxe va leur en couter une centaine... et bien sur que cela fera 33 millions € d'impots en moins et des milliers de fonctionnaires en plus !D'ailleurs il n'y a plus aucun lien entre cette taxe et l'écologie "débrouillez vous pour que ça me rapporte 1,3 Milliards d'€ par an "dit Bercy.Nous voyons qu'un état ruiné peut encore agir sur ses entreprises en les punissant. Je fais le pari qu'il n'y aura plus guère d'entrepreneurs pour reprendre les entreprises qui tombent et vont tomber.Pour être écologiques il n'y a rien à investir, rien à faire, sauf mettre la SNCF au boulot. Nos trains font une rotation Bretagne Beauce (1300 tonnes à chaque fois) en 2 jours avec des tractionnaires UK et avec la SNCF c'est en 20 jours. Oui le transport ferroviaire est écologique, mais non la SNCF ne l'est pas !