Publié par J2-Reliance

lune-2.jpg« Nous sommes, en 2012, un peu plus de 7 milliards d’humains. Les projections les plus sérieuses prédisent 9 milliards de personnes sur terre en 2050. Au fait, sur Terre ? Newt Gingrich, candidat à l’investiture républicaine à l’élection présidentielle américaine de 2012, se fait rire au nez — excusez l’expression, mais c’est celle qui traduit le mieux la tonalité des réactions — par ses adversaires et une bonne partie de l’intelligentsia pour avoir évoqué la colonisation de la Lune. Si l’on regarde sa proposition comme un élément de son programme à court terme pour redresser les Etats-Unis, on peut comprendre les sarcasmes. Mais, de grâce, regardons un peu plus loin ! Avons-nous à ce point perdu la capacité de rêver et de nous projeter dans le futur ? Quand John Kennedy, dans son adresse au Congrès le 25 mai 1961, prononça le désormais célèbre : « Je crois que cette nation devrait s’engager à, d’ici la fin de la décennie, envoyer un homme sur la lune et à le ramener sur terre en toute sécurité », ce défi s’intégrait dans le contexte de la guerre froide. Les Soviétiques et Youri Gagarine venaient de gagner un prestige immense pour avoir réussi à faire contempler à un homme la Terre depuis l’espace, pour la première fois dans l’histoire. Les Etats-Unis, eux, venaient d’être humiliés par l’échec du débarquement dans la Baie des Cochons à Cuba. Serait-ce à dire que la guerre, chaude ou froide, est la seule circonstance qui pousse les sociétés humaines à se dépasser et à relever des défis collectifs d’envergure ? Je ne veux pas m’y résigner… » [1]

 

Les Chinois ne s’y résignent pas non plus et nous invitent à aller planter nos choux sur la lune[2].  Ce n’est pas un hasard si l’un des pays les plus dynamiques de la planète mise sur la création de « bases extra-terrestres sur la Lune ou sur Mars », pour citer le communiqué officiel.

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Quand une situation est bloquée, élargir le champ des possibles, changer le cadre, sont souvent les plus sûrs moyens d’en sortir. Sans aller jusqu’à la Lune, combien d’entreprises auraient, elles aussi, besoin de déplacer les limites du cadre de leur réflexion ? C’est possible, encore faut-il le vouloir.



[1] Extrait de Entreprendre dans un monde en mutation, de Jacques Arnol-Stéphan — à paraître aux Editions L’Harmattan.

[2] Voir l’article publié par L’Express en date du 4 décembre 2012

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