Publié par J2-Reliance

texteConnaissez-vous les cafés Starbucks ? Une drôle d’entreprise née aux USA en 1971. Ah ! Ceux-là, décidément, ne font jamais rien comme les autres !

Starbucks avait déjà relevé un pari difficile, en réussissant de façon insolente sur un créneau que chacun estimait sans avenir : les café, dans un pays — les Etats-Unis — où culturellement… on n’aime pas le café ! Une impasse ? En fait d’impasse, les dirigeants de Starbucks ont ouvert un boulevard et s’y sont engouffrés pour faire le tour du monde : il y a aujourd’hui des Starbucks à Paris, à Dubaï… et même au Japon.

 

Un cadeau de prix…

Et bien cette entreprise met en œuvre une démarche étonnante : elle a décidé d’offrir à ses salariés et futurs salariés qui le souhaitent, une formation au choix parmi les 40 matières enseignées en ligne, à l’Université d’Arizona. Que penser d’une telle proposition, quand on sait que, pour obtenir l’équivalent d’un tel diplôme, un étudiant américain devrait débourser environ 45 000 euros ? C’est dire si la proposition de Starbucks est séduisante… Et d’autant plus séduisante que l’entreprise n’exige même pas de ces salariés en retour qu’ils restent après avoir empoché leur diplôme.

 

Quel est le mobile ?

Les hommes d’affaires américains ne sont pas réputés pour leur propension à la philanthropie. Qu’est-ce qui peut motiver le patron de Starbucks ? Le mieux était de le lui demander. C’est ce qu’a fait le New-York Times : la démarche a pour objectif de « diminuer l’attrition, d’améliorer la performance, d’attirer et de retenir les meilleurs salariés ». Quant à ceux qui partiraient une fois diplômés, « leur expérience serait agglomérée à notre marque, notre réputation et nos affaires », a-t-il expliqué (1). Une réponse qui donne à réfléchir, non ?

 

Voici donc venu le temps d’enterrer vos idées reçues sur la formation :

 

Non, la formation n’est pas un blâme infligé à un salarié incompétent. On ne forme pas ses salariés parce qu’ils sont mauvais, mais parce qu’ils ont du potentiel. Aussi, proposer une formation à un collaborateur est-il une forme de reconnaissance… donc de motivation. C’est lui dire : « Je crois en toi, c’est pourquoi j’investis sur toi ! ». A l’heure où les augmentations de salaires se font rares, voilà une façon au final moins coûteuse de récompenser et de fidéliser les meilleurs … et de les faire venir chez vous, par le bouche-à-oreille. Parce que la formation fait aussi partie du développement personnel, parce qu’elle est l’occasion de prendre du recul sur ses propres pratiques et donc de progresser. Et que ces progrès profitent à tout le monde.

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Non, la formation n’est pas une charge financière qui grève inconsidérément le budget d’exploitation, sitôt que l’on est “rentré dans ses frais” en réalisant son quota d’obligation légale. La formation est au contraire un investissement dont l’objectif est de rapporter beaucoup plus que le coût (tout compris) de cette formation. Quelles sont les marges de progression dans mon entreprise ? Mieux former mes techniciens sur telle nouvelle méthode que je veux stratégiquement  développer ? Améliorer l’écoute et la communication pour réduire les malentendus coûteux avec mes clients ? Renforcer mes managers pour que les consignes soient mieux comprises et appliquées ? Pour que chacun comprenne mieux ce qu’il a à faire et son domaine de responsabilité ?... Les sources d’amélioration qui engendrent autant d’économies et contribuent à la fidélisation de la clientèle sont légion : il suffit de regarder autour de soi pour les identifier.

 

Non, les dirigeants ne sont pas exclus de ce droit. Mieux, c’est leur devoir de se former en permanence et de façon approfondie. Parce que, pour la bonne santé de leur entreprise, ils doivent régulièrement prendre des temps de recul sur leur activité, sur leurs propres pratiques — en se posant les bonnes questions, en acceptant des remises en cause —, et qu’il est pratiquement impossible de le faire quand on est happé par le quotidien, ses difficultés, ses imprévus.

La formation est un moment privilégié pour y parvenir : un moment d’ouverture, où l’on capte de nouvelles idées, où l’on expérimente de nouvelles approches, où l’esprit est sollicité pour chercher de nouvelles façons de faire. De plus, au-delà de ce qu’on y apprend sur le sujet même qui est au programme, une bonne formation permet un entraînement intensif de l’esprit, comme le ferait un sportif : bref, une pause bénéfique.

 

Qu’un dirigeant s’en exonère sous prétexte que, trop occupé, il ne parvient pas à sortir le nez du guidon, ce n’est pas une excuse, c’est un problème… et hélas, des atouts en moins pour son entreprise.

 

(1) Extrait du Figaro Entreprise du 17 juin 2014

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