Publié par J2-Reliance

imagination-revue.jpg“L'imagination porte bien plus loin que la vue” (Baltasar Gracian Y Morales, philosophe jésuite — 1601-1658 ) 


Comme chaque dernier vendredi du mois d’août, l’Université d’Eté de l’Institut de Locarn a fait salle comble, autour du thème : Bretagne, culture(s) et entreprises.

« Comment développer et valoriser ce terreau qu'est notre culture, que l'on nous reconnaît généralement sans hésitation ? Comment en faire un véritable levier de notre prospérité future ? Quelles sont ces valeurs spécifiquement bretonnes à partager et comment bâtir dessus un développement pérenne ? », interrogeait Alain Glon en préalable aux échanges.

 

Réhabiliter l'imaginaire

 La réflexion était alimentée par les témoignages d’expériences professionnelles multiples, à travers le monde, et par le recul apporté notamment par le sociologue Jacques Païtra. Face à la crise profonde du modèle anglo-saxon — adopté dans les années cinquante et qui s’effondre aujourd’hui —, comment réagir ? Jacques Païtra nous a rappelé combien, depuis plus de trente ans, nous avions enfoui profondément toute référence à l’imaginaire ; un imaginaire source pourtant des idéaux qui constituent la noblesse de l’histoire humaine. « Il est temps de le réhabiliter comme une part importante de notre réalité humaine, car le monde est aujourd’hui trop raisonnable… au point qu’il en devient déraisonnable », a-t-il expliqué.

 

Histoire, culture et sciences de la complexité

Remettre à l’honneur l’intuition stratégique, mettre son imagination au cœur de la préparation de l’avenir, penser le futur en l’imaginant. Et, pour cela, réhabiliter l’imaginaire de l’émotion, de l’intuition, l’imaginaire stratégique, l’imaginaire collectif : voilà les pistes qu’il nous propose, avec, nous dit-il, un “avantage” aux Celtes tant leur culture laisse une place majeure à l’imaginaire. Pour inventer un “modèle de remplacement” au modèle anglo-saxon, Jacques Païtra nous suggère trois “ressources intellectuelles” : l’histoire en analysant les expériences humaines historiques ; la culture qui touche à l’émotion ; les avancées scientifiques en biologie moléculaire et dans les biotechnologies, autrement dit dans le domaine des sciences de la complexité. Ce sont des concepts qui nous sont familiers, à J2-Reliance : nous avons été frappé par la convergence de la vision proposée par Jacques Païtra et le travail que nous réalisons auprès de nos clients.

 

Et dans l'entreprise ...

Notre expérience nous montre en effet que ces démarches sont pertinentes aussi dans l’entreprise. Car l’entreprise aussi vit une sorte de “crise du management”. Depuis quelques décennies, le modèle anglo-saxon y est dominant pour le meilleur, mais aussi pour le pire : management par objectifs, approche strictement rationnelle des problèmes, gestion essentiellement comptable. Pour mobiliser efficacement des équipes quand l’économie est sur une trajectoire continue de croissance, ce modèle a fait ses preuves. Mais quand la route devient chaotique ? Pour reprendre la métaphore d’Alain Glon, l’humus de l’entreprise a été stérilisé par l’application d’un modèle uniformisateur. N’est-il pas temps de réactiver ce terreau ? De relier, comme nous le proposons à J2-Reliance, le management de l’entreprise à son histoire et à sa culture ?

 Car l’histoire de chaque entreprise est une porte privilégiée par laquelle on accède à sa culture, pour rejoindre son imaginaire collectif : comme dans la tradition celte, évoquée par Jacques Païtra, où histoire et légende se confondent. Lorsque nous amenons les collaborateurs d’une entreprise à se remémorer cette histoire, ce sont des pans entiers de cette culture qui (re)viennent à leur conscience.

Les aider à se réapproprier l’histoire de leur entreprise, c’est les aider à se réapproprier aussi une part de son imaginaire. Or travailler sur et avec l’imaginaire est une ressource formidable pour créer des possibles : innover, dépoussiérer les fonctionnements, créer une dynamique collective nouvelle, bref, sortir du cadre.

 

Ainsi, réactiver la culture au sein de chaque entreprise n’est ni affaire de mode, ni luxe de nantis : c’est une nécessité pour aller de l’avant.


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