Publié par J2-Reliance

InnovationInnover est une nécessité dans une économie morose où, qui plus est, la concurrence est exacerbée. Mais savons-nous que nous avons à portée de main deux leviers majeurs ? Des articles récents de la Harvard Business Review les (re)mettent en évidence.

 

La pénurie, tout le monde sait ce dont il s’agit. Mais qu’elle soit un levier fort pour booster l’innovation dans une entreprise est peut-être moins connu, et pourrait rassurer patrons de PME confrontés à des ressources rares, ou Directeurs Financiers de grands groupes soumis aux demandes incessantes de moyens de la part des équipes de R&D. C’est pourtant ce que montre cet article de la Harvard Business Review. En étudiant, pour créer la “base de donnée mondiale de l’innovation”, 162 ( !) méthodologies structurées destinées à faciliter l’innovation, Uri Neren et ses collègues de Generate Companies ont mis en évidence le point suivant : les quelques méthodologies pour lesquelles il y a des résultats avérés (et là, il n’y en pas 162 !) soulignent toutes la “force inventive” de la contrainte ou de la contradiction. Au point que plusieurs méthodes (TRIZ, SIT, …) recommandent de créer des contraintes, des “raretés” (scarcity) pour stimuler la créativité des chercheurs. En guise de clin d’œil, Uri Neren rappelle au passage que les idées à la base de TRIZ ont été développées par Altshuller … quand il était au Goulag !

 

La “sérendipité” est moins connue. Et ceux qui connaissent le terme l’assimilent souvent, à tort, à une forme de “chance”. Mark de Rond, Adrian Moorhouse et Matt Rogan mettent les choses au clair dans un autre article de la Harvard Business Review. Le mot “sérendipité” (néologisme créé par décalque du mot anglais serendipity) a été “introduit en 1754 par Horace Walpole pour désigner « des découvertes inattendues, faites grâce au hasard et à l’intelligence »” (in Wikipedia : Sérendipité). Mais la sérendipité ne saurait être résumée au “coup de chance”. Inspiré d’un conte persan (les trois princes de Sérendip — ancien nom du Sri Lanka), ce terme fait plus référence à la capacité de connecter des informations a priori sans lien qu’à l’intervention de la providence. Et quand on regarde les processus qui ont conduit à l’invention du Post-It, de la pénicilline ou de la tarte Tatin, on y retrouve effectivement ce mélange de “connexion” et d’opportunisme caractéristique des entreprises qui réussissent durablement.


 Serendipity

Comment installer et utiliser ces leviers …

Pour ce qui est de la pénurie, la période nous donne des raisons de penser que nous n’aurons pas trop d’effort à fournir ! Le seul vrai risque serait de se laisser aller à la croyance que quand les moyens manquent, on n’a plus le temps de penser à innover ! L’histoire nous prouve le contraire.

La sérendipité mérite un peu plus d’attention. Il ne s’agit pas d’en faire un processus logique linéaire, qui serait contraire à son essence même. Ce n’est peut-être pas un hasard si Voltaire, dans Zadig, a accentué le caractère déductif et “scientifique” du conte persan. Cartésianisme, quand tu nous tiens !

Si la sérendipité n’est pas un processus exclusivement déductif, ce n’est pas non plus une simple intervention du hasard. Pour la favoriser, il s’agit plus d’installer dans l’entreprise des attitudes que des processus.

D’abord, une réceptivité aux informations non immédiatement utilisables ou utilitaires. Quand on cherche d’une façon trop pressante, on ne peut, au mieux, trouver que ce que l’on cherche ! Alors qu’inventer, innover, c’est presque toujours trouver quelque chose auquel “on n’avait pas pensé”. Dans notre monde où l’information est devenue hyper-accessible, il importe de se donner un peu de temps pour “baguenauder” sans idée préconçue à travers les différentes sources.

Ensuite, une tolérance à l’égard de l’erreur. Le Post-It n’aurait jamais vu le jour si l’ingénieur qui avait, sans le vouloir, fabriqué une “colle qui ne colle pas” avait été sanctionné et son produit directement éliminé. D’ailleurs, en ces temps de pénurie, la sagesse paysanne qui consiste à considérer que “ça peut peut-être servir un jour, alors je ne jette pas” ne mérite-t-elle pas d’être remise à l’honneur ? Pénurie rime avec parcimonie, et jeter sans appel les résultats ou les responsables d’une erreur s’apparente trop souvent à du gaspillage.

Enfin, une capacité à relier, à établir des liens entre des faits, des périodes, des spécialités, des personnes, des domaines d’intérêt a priori disjoints. Quel rapport y a-t-il entre une “colle qui ne colle pas” et les partitions de musiques qui s’envolent lors d’exhibitions publiques en extérieur ? Là encore, Post-It1 ! A J2-Reliance, nous nous attachons à aider nos clients à établir ces liens, parfois improbables, mais toujours féconds.

Alors, et si la période délicate que vivent les économies occidentales était en fait notre meilleure chance de redonner un coup d’accélérateur à l’innovation ? Une raison de plus pour regarder l’avenir avec confiance …

 

Quelques autres articles du blog de J2-Reliance sur le thème de l'innovation :

Pour dépasser la crise, si on faisait des roues carrées ?

Apprendre à désapprendre pour développer créativité et efficacité

Invention des continents — Inversion du regard

 



[1] Lire la saga de l’invention du Post-It dans Jim Collins, “Built to last”



Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article