Publié par J2-Reliance

Cat-s-cafe.jpgLes Entrepreneuriales sont un dispositif qui permet à des étudiants de s’initier à la création d’entreprise. Des jeunes de spécialités différentes s’associent l’espace de quelques mois pour bâtir un projet qui se traduira, en fin de parcours, par un Business plan. Pour cela, ils sont parrainés par un chef d’entreprise et accompagnés par un coach. C’est une simulation, certes, mais l’objectif est que ces créateurs en herbe se prennent suffisamment au jeu pour creuser les détails de leur projet : jusqu’à la recherche de financements ou de terrains pour implanter leurs “locaux”. Pour la deuxième année consécutive, Jacques Arnol-Stéphan “coachait” quelques-unes des équipes du campus de Brest.

L’équipe “Cat’s Café”, conduite par Anne-Claire Avdjan, étudiante à l’ESMISAB, était composée de Solène Rousset, également à l’ESMISAB, Vinciane Gardinal et Gwénolé Pape, tous deux à l’IAE de Brest. Elle a obtenu le prix “Coup de Cœur” de l’édition 2010-1011 des Entrepreneuriales Bretagne.

Nous avons voulu leur donner la parole. Voici “Sept questions et réponses à deux voix …”

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à ce challenge ?

Anne-Claire : L’idée de créer une entreprise m’a toujours intéressée. Quand j’ai entendu parler de ce challenge, ce fut l’occasion de voir de plus près ce qu’est la création d’entreprise.

Vinciane : Je suis actuellement en master 2 à l’IAE de Brest. Pendant mes quatre années d’étude j’ai eu le temps de comprendre que les enseignements à la faculté sont très (pour ne pas dire trop) théoriques, trop « déconnectés » du monde réel.  Quand j’ai eu connaissance de l’existence de ce concours, je n’ai pas hésité, c’est une des rares chances au cours d’un parcours étudiant de pouvoir rencontrer des professionnels, bâtir un projet concret, manipuler des outils pratiques bien loin des préoccupations universitaires habituelles.

 

Pouvez-vous nous expliquer la genèse de votre idée : pourquoi un Café à chats et comment peu à peu, l’idée a fait son chemin dans le groupe ?

Anne-Claire : L’idée du Café à chats m’est venue après avoir vu un reportage sur la place des chats dans l’histoire. Et puis, j’ai appris qu’au Japon, il existe des lieux, où l’on se retrouve autour des chats. Je me suis demandée pourquoi en France, on n’avait pas adapté ce concept. J’ai commencé à en parler à Solène qui fut immédiatement séduite. Alors, le projet a commencé à se construire pas à pas. Au départ, nous voulions, bien sûr en adaptant au cas français, importer tel quel ce concept. Cela aurait été un café de quartier où les gens viennent se retrouver, prendre un café tout en ayant un attrait supplémentaire : les chats. C’est ainsi que nous l’avons présenté au deux autres membres du groupe. Ils ont été à leur tour intéressés par le projet, tout en le trouvant un peu décalé.

Petit à petit, nous avons compris que cela ne suffirait pas. Nous avons beaucoup discuté entre nous, fait des recherches, nous sommes aussi allés dans des impasses. Et notre projet a enfin abouti à notre projet de Cat’s café.

Vinciane : L’idée vient effectivement d’Anne-Claire et Solène, et de leur passion pour les chats. Elles connaissaient le concept japonais (dont je n’avais d’ailleurs jamais entendu parler !) et elles savaient que c’était encore inexpérimenté en France. Je n’ai pas d’attirance particulière pour les chats (j’y suis même allergique !) mais le côté innovant et original m’a séduite immédiatement. Nous savions que nous aurions quelques difficultés à être pris au sérieux et à construire un projet sans « modèle » pour nous guider mais le challenge en était d’autant plus intéressant.

 

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?

Vinciane : Pour moi le plus difficile a été le travail en groupe. Mais c’est à l’opposé ce qui m’a apporté le plus de satisfaction au final. Le démarrage du projet a été plutôt compliqué : nous ne communiquions pas assez, nous n’étions pas forcément d’accord sur la définition précise du concept, nous n’avions pas prévu de programme… Il nous a donc fallu un temps d’adaptation avant de pouvoir travailler ensemble sur la même longueur d’ondes. Il faut ajouter que nous ne nous connaissions pas avant ce projet.

Et finalement, je crois que si on a gagné un prix (en partie en tout cas) c’est grâce aux relations que l’on a su construire au fur et à mesure des six mois de préparation. Nous sommes très différents mais nous avons su jouer de nos complémentarités dans un sens positif, ce qui a demandé beaucoup de patience et quelques compromis parfois…

Anne-Claire : Effectivement, au début, il a fallu se mettre d’accord … Nous avions beaucoup d’idées, voire trop ! Il a fallu les canaliser afin d’avancer. Une fois que la population cible a été totalement établie, cela nous a bien facilité le reste du travail.

Un second point de difficulté, peut-être, serait la définition de nos travaux respectifs à réaliser.

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Parrainage par un chef d’entreprise et accompagnement par un coach : comment avez-vous perçu ces deux rôles et qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Anne-Claire : Ces deux rôles sont importants et même indispensables. Cela permet de diriger un peu nos questionnements, et surtout d’avoir un point de vue différent de celui de l’équipe.

Le parrainage fut utile notamment pour voir le raisonnement d’une personne qui a dû suivre les mêmes étapes que nous et de voir qu’au final c’est possible.

Le coach est vraiment indispensable. Je pense que sans lui, nous n’aurions pas pu finaliser comme nous le souhaitions ce projet. C’est une aide précieuse, notamment dans les moments où l’on ne sait plus comment faire pour avancer. C’est un guide qui permet de retrouver le fil.

Vinciane : Malheureusement notre marraine chef d’entreprise n’a pas pu être réellement disponible, en revanche les réunions régulières avec notre coach nous ont souvent remis « dans le droit chemin ». C’est ici tout l’intérêt des Entrepreneuriales : c’est à travers cet échange que nous avons mis une distance avec le côté universitaire, théorique de notre projet et que nous avons pris conscience des « vrais » problèmes qui se posent à un créateur d’entreprise. Si nous n’avions pas eu de coach, nous aurions surement rendu un dossier documenté et complet … Mais irréalisable !

 

Pensez-vous un jour ouvrir réellement votre “Cat’s café”, ou créer une entreprise d’une façon générale, et pourquoi ?

Vinciane : J’aimerais d’abord construire une carrière en cabinet d’expertise-comptable ou en entreprise après mes études…mais je n’exclus pas par la suite de créer ma propre boite. Pourquoi pas…maintenant je sais que c’est possible…

Anne-Claire : Le “Cat’s café”, l’idée me plairait beaucoup. Je pense que la décision se prendra à la fin de mes études. Une entreprise de façon générale, oui, je pense que j’en créerai une un jour. C’est une envie que j’ai au fond de moi et cette expérience m’a rassurée.

 

Quelles leçons retirez-vous personnellement de ce parcours “initiatique” ?

Anne-Claire : Ce parcours m’aura surtout appris qu’une entreprise ne peut se faire seule. Une idée vient peut-être d’une personne, mais on ne peut pas la faire grandir tout seul. Il faut faire confiance aux personnes qui nous entourent, trouver de l’aide partout et ne surtout pas hésiter à parler de son projet à des personnes très hétéroclites. Le dialogue est très important et il ne faut pas oublier de toujours montrer aux personnes que leur apport est important pour nous.

Vinciane : Moi aussi, c’est au niveau des relations humaines que j’ai le plus appris. Un tel projet ne peut effectivement pas se monter seul et s’intégrer dans une équipe peut demander beaucoup d’efforts. Comme au sein d’une entreprise il faut savoir travailler avec ses collègues, défendre son avis mais aussi prendre en compte celui des autres, faire des compromis…

 

Quel conseil donneriez-vous à des jeunes qui souhaiteraient créer une entreprise à la fin de leurs études ?

Vinciane : Prendre son temps. Ce qui implique de l’anticipation si on veut monter sa boite rapidement à la fin de ses études. De nombreux problèmes que l’on n’avait pas imaginés, sont apparus au fur et à mesure de l’élaboration du projet. De nouvelles étapes se rajoutaient donc lorsqu’on pensait avoir bientôt terminé. Il n’est pas possible de créer son entreprise sérieusement dans la précipitation et même l’idée en elle-même peut s’affiner avec le temps. Alors ça se réfléchit à l’avance…

Anne-Claire : Le conseil que je donnerais est de s’entourer et de chercher de l’aide pour faire grandir leur projet. Et surtout de ne pas hésiter à tenter l’aventure !

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Merci à toutes les deux ! Merci aussi à toute l'équipe, et plus généralement à toutes les équipes, de montrer que l'envie d'entreprendre n'attend pas “le nombre des années” !

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